Politique
Tonkpi politique : quand les rêves ministériels dépassent les scores electoraux
C
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Journaliste
07 January 2026
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On le sait désormais : le gouvernement a été dissout, le Premier ministre a présenté sa démission au Président de la République, et les fonctions de ministres-gouverneurs comme de ministres conseillers ont été officiellement interrompues. Un scénario classique de l’après-élections, bien rodé, presque rituel. À Abidjan, on réorganise. Dans les régions, on espère. Dans le Tonkpi, l’ambiance est donc à la veille généralisée. Téléphones chargés, réseaux activés, messageries surveillées. Chacun scrute les signes, interprète les silences, décode les sourires. Qui restera ? Qui partira ? Qui montera enfin à Abidjan après des années de fidélité militante ? La question brûle toutes les lèvres : quelle fille, quel fils du Tonkpi entrera dans le prochain gouvernement ? Mais à regarder les faits froidement, l’enthousiasme semble aller plus vite que la réalité politique. Car au RHDP, l’entrée au gouvernement ne relève ni du tour de rôle régional, ni de la simple discipline …
On le sait désormais : le gouvernement a été dissout, le Premier ministre a présenté sa démission au Président de la République, et les fonctions de ministres-gouverneurs comme de ministres conseillers ont été officiellement interrompues. Un scénario classique de l’après-élections, bien rodé, presque rituel. À Abidjan, on réorganise. Dans les régions, on espère.
Dans le Tonkpi, l’ambiance est donc à la veille généralisée. Téléphones chargés, réseaux activés, messageries surveillées. Chacun scrute les signes, interprète les silences, décode les sourires. Qui restera ? Qui partira ? Qui montera enfin à Abidjan après des années de fidélité militante ?
La question brûle toutes les lèvres : quelle fille, quel fils du Tonkpi entrera dans le prochain gouvernement ?
Mais à regarder les faits froidement, l’enthousiasme semble aller plus vite que la réalité politique.
Car au RHDP, l’entrée au gouvernement ne relève ni du tour de rôle régional, ni de la simple discipline partisane. Elle obéit à une logique autrement plus exigeante : résultats électoraux, capacité de mobilisation réelle, équilibre national et utilité stratégique. Et sur ces critères, le Tonkpi version 2025 arrive… avec un bulletin mitigé.
Huit députés sur douze.
Quatre élus indépendants.
Une participation faible dans plusieurs localités.
Un leadership régional contesté.
Difficile, dans ces conditions, de brandir la région comme un modèle de performance électorale.
Pourtant, certains cadres locaux du RHDP nourrissent l’espoir de conserver leurs postes, quand d’autres rêvent d’un strapontin ministériel en récompense de leur “discipline”. Discipline souvent résumée à une loyauté verticale, rarement accompagnée d’une dynamique collective capable d’embarquer les populations.
La vérité , parfois cruelle , est que le pouvoir central ne distribue pas les portefeuilles pour calmer les frustrations locales. Il récompense l’efficacité. Et l’efficacité politique, dans le Tonkpi, a montré des signes évidents d’essoufflement.
Le paradoxe est frappant : plus les résultats diminuent, plus les attentes augmentent. Comme si la perte d’influence devait être compensée par une promotion. Une équation que la pratique du pouvoir à Abidjan n’a jamais validée.
Pendant ce temps, les populations, elles, observent. Elles ont voté, parfois peu, parfois autrement. Elles ont envoyé un message clair : le Tonkpi politique doit se réinventer. Or, ce message semble moins entendu par certains cadres que par les urnes elles-mêmes.
La dissipation actuelle autour du remaniement ressemble donc davantage à un mirage qu’à une certitude. Les postes ne sont pas automatiques, les récompenses ne sont pas garanties, et la fidélité sans résultats n’a jamais suffi à ouvrir les portes du Conseil des ministres.
Dans ce contexte, la sagesse commanderait de baisser le ton, ajuster les ambitions et repenser la méthode. Car au lieu d’attendre fébrilement un appel d’Abidjan, le Tonkpi gagnerait à reconstruire une crédibilité politique locale solide, inclusive et performante.
En politique, l’espoir est permis.
Mais dans le Tonkpi, en cette période de remaniement, il devrait surtout être tempéré par la lucidité.
Franck Sami
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