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Du vote au recours : autopsie d’un pouvoir régional en fin de cycle
Politique

Du vote au recours : autopsie d’un pouvoir régional en fin de cycle

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Journaliste

09 January 2026 587 lectures
Il y a des moments en politique où les discours ne suffisent plus. Où les meetings se vident, où les certitudes s’effritent, où l’on cesse de gagner par adhésion pour tenter de survivre par procédure. Le Tonkpi vit précisément cet instant. La décision du Conseil constitutionnel rejetant les recours introduits par les députés sortants Oundieu Melo Olivier et Naman Seni Berni n’est pas un simple épisode juridique. C’est un symbole. Le symbole d’un système politique régional arrivé à bout de souffle, qui cherche dans les couloirs institutionnels ce qu’il n’obtient plus dans les urnes. Perdre avec plus de mille voix d’écart et espérer une annulation relève moins du droit que du déni. Car lorsque le peuple tranche aussi nettement, contester devient un aveu : l’autorité politique a cessé d’être naturelle. Les faits sont désormais scellés. Les vainqueurs — Soumahoro Souleymane et Guillaume Gbato — sont confirmés. Le RHDP du Tonkpi …
Il y a des moments en politique où les discours ne suffisent plus. Où les meetings se vident, où les certitudes s’effritent, où l’on cesse de gagner par adhésion pour tenter de survivre par procédure. Le Tonkpi vit précisément cet instant. La décision du Conseil constitutionnel rejetant les recours introduits par les députés sortants Oundieu Melo Olivier et Naman Seni Berni n’est pas un simple épisode juridique. C’est un symbole. Le symbole d’un système politique régional arrivé à bout de souffle, qui cherche dans les couloirs institutionnels ce qu’il n’obtient plus dans les urnes. Perdre avec plus de mille voix d’écart et espérer une annulation relève moins du droit que du déni. Car lorsque le peuple tranche aussi nettement, contester devient un aveu : l’autorité politique a cessé d’être naturelle. Les faits sont désormais scellés. Les vainqueurs — Soumahoro Souleymane et Guillaume Gbato — sont confirmés. Le RHDP du Tonkpi termine avec 8 députés sur 12. Albert Mabri Toikeusse, coordonnateur régional, voit son emprise se réduire à mesure que les chiffres parlent. Autrefois, le Tonkpi se gérait comme un domaine électoral. Les consignes suffisaient, les investitures faisaient foi, les héritages politiques se transmettaient sans débat. Cette époque est révolue. Le peuple a repris la parole, et il l’a fait sans violence, sans fracas, mais avec une efficacité redoutable : le vote et l’abstention. La fin de règne ne se manifeste pas par une chute brutale. Elle se reconnaît à des signes plus subtils : – quand la victoire devient partielle, – quand les alliés deviennent distants, – quand les cadres s’émancipent, – quand les recours remplacent les projets. Le rejet du contentieux électoral n’est donc pas une humiliation institutionnelle, mais une confirmation politique : le cycle est arrivé à maturité, et le déclin est enclenché. Dans ce contexte, continuer à gouverner le Tonkpi politique avec les réflexes d’hier relève de l’aveuglement stratégique. Le leadership fondé sur la centralisation, l’exclusion et la fidélité conditionnelle ne produit plus d’adhésion. Il produit des candidatures indépendantes, des ruptures silencieuses et des votes de sanction. Une fin de règne ne signifie pas nécessairement une fin de carrière. Mais elle impose un choix : se réinventer ou s’entêter, s’ouvrir ou s’isoler, transmettre ou s’accrocher. Le Tonkpi n’a pas voté contre un homme. Il a voté contre une méthode. Et quand une méthode est désavouée à la fois par les électeurs et par le juge constitutionnel, la sagesse voudrait que l’on change de logiciel. Car l’histoire politique est impitoyable : ceux qui confondent autorité et éternité finissent toujours par être surpris par l’horloge. Dans le Tonkpi, l’heure n’est plus à la contestation. Elle est à l’inventaire. Franck Sami

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