Politique
Assemblée nationale : pourquoi le groupe parlementaire Solidarité change l’équation malgré la domination du RHDP
C
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Journaliste
21 January 2026
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L’Assemblée nationale ivoirienne compte désormais un nouvel acteur politique structuré : le groupe parlementaire Solidarité, composé d’une dizaine de députés et conduit politiquement par l’ancien ministre Anzoumana Moutaye. À la tête de ce groupe, les députés ont porté leur choix sur l’Honorable Guillaume GBATO, élu président. À première vue, dans un Parlement largement dominé par le RHDP, fort d’une majorité écrasante, la création d’un groupe parlementaire alternatif pourrait sembler symbolique, voire anecdotique. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte de suprématie numérique qu’un groupe comme Solidarité prend toute son importance politique et institutionnelle. D’abord, parce que la démocratie ne se résume pas à l’arithmétique parlementaire. Certes, avec près de 200 députés, le RHDP peut faire adopter les textes sans difficulté majeure. Mais la vitalité démocratique se mesure aussi à la qualité du débat, à la pluralité des voix et à la capacité de l’institution à entendre des sensibilités différentes. Le groupe …
L’Assemblée nationale ivoirienne compte désormais un nouvel acteur politique structuré : le groupe parlementaire Solidarité, composé d’une dizaine de députés et conduit politiquement par l’ancien ministre Anzoumana Moutaye. À la tête de ce groupe, les députés ont porté leur choix sur l’Honorable Guillaume GBATO, élu président.
À première vue, dans un Parlement largement dominé par le RHDP, fort d’une majorité écrasante, la création d’un groupe parlementaire alternatif pourrait sembler symbolique, voire anecdotique. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte de suprématie numérique qu’un groupe comme Solidarité prend toute son importance politique et institutionnelle.
D’abord, parce que la démocratie ne se résume pas à l’arithmétique parlementaire. Certes, avec près de 200 députés, le RHDP peut faire adopter les textes sans difficulté majeure. Mais la vitalité démocratique se mesure aussi à la qualité du débat, à la pluralité des voix et à la capacité de l’institution à entendre des sensibilités différentes. Le groupe Solidarité vient rappeler que l’Assemblée nationale n’est pas qu’une chambre d’enregistrement, mais un espace de confrontation d’idées.
Ensuite, l’existence d’un groupe parlementaire structuré offre un cadre institutionnel à des députés indépendants ou issus d’autres horizons politiques, qui refusent de se dissoudre dans la majorité sans renoncer pour autant à une opposition stérile. Solidarité se positionne ainsi comme une force d’équilibre : ni dans la logique du bloc dominant, ni dans celle de la contestation systématique, mais dans une démarche de proposition, de vigilance et de responsabilité.
Le choix de Guillaume GBATO comme président du groupe n’est pas anodin. Connu pour ses prises de position assumées sur l’indépendance politique et la défense des intérêts locaux, il incarne une génération de parlementaires soucieux de redonner du sens au mandat de député, en le reconnectant aux réalités du terrain et aux attentes concrètes des populations. Sous sa présidence, le groupe Solidarité entend peser dans les débats, non par le nombre, mais par la cohérence et la pertinence de ses interventions.
Par ailleurs, un groupe parlementaire, même minoritaire, dispose de leviers institutionnels réels : temps de parole, participation renforcée aux commissions, capacité d’amendement, saisine sur des questions d’intérêt national. Autant d’outils qui permettent d’influencer la fabrique de la loi et de porter des sujets parfois négligés par une majorité confortable.
Enfin, dans un contexte où de nombreuses populations expriment une lassitude face aux promesses répétées et aux politiques centralisées, l’émergence d’un groupe comme Solidarité envoie un signal politique fort : celui d’une volonté de faire autrement, de défendre les territoires, et de rappeler que le développement ne se décrète pas uniquement depuis les bancs de la majorité, mais se construit aussi dans la diversité des regards.
En somme, si le RHDP domine numériquement l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire Solidarité, sous la présidence de Guillaume GBATO, rappelle une vérité essentielle de toute démocratie vivante : ce n’est pas seulement la majorité qui fait la richesse du Parlement, mais la capacité des minorités organisées à éclairer, questionner et parfois réorienter l’action publique.
Franck Sami
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